Publié par : mtgeneve | 11 août 2014

Cerveau et transcendance

578291La pratique de la Méditation Transcendantale développe un fonctionnement plus complet du cerveau et permet au développement humain de se poursuivre tout au long de la vie : comment ? Et quels en sont les bienfaits concrets ? L’article ci-dessous est adapté d’un texte du Dr Fred Travis, chercheur en neurosciences et auteur de plus de 70 articles scientifiques sur la relation entre états de conscience et fonctionnement du cerveau.

Chaque expérience que nous vivons permet d’optimiser les circuits du cerveau pour mieux faire face aux défis futurs. Nous naissons avec plus de dix milliards de cellules cérébrales, qui ne sont pas complètement connectées. Ces connexions sont créées progressivement par l’expérience, qui relie les neurones individuels en circuits plus vastes, appelés assemblages de cellules neuronales, qui réagissent en tant qu’unité aux expériences futures. Les circuits que nous créons aujourd’hui déterminent la façon dont nous réagissons au monde plus tard. Par conséquent, la clé d’une croissance continue dans la vie est le choix d’expériences adéquates.

Nous allons considérer ci-dessous les effets sur le cerveau des expériences de la petite enfance, de l’acquisition du langage, et de l’éducation traditionnelle. Nous examinerons aussi le rôle important que joue la pratique de la technique de Méditation Transcendantale (MT) de Maharishi. Nous verrons ainsi que le cerveau est modelé de façon dynamique par l’expérience, que l’on peut choisir les expériences permettant d’optimiser le fonctionnement du cerveau, et qu’en ajoutant la pratique de la technique de MT à notre vie quotidienne, nous pouvons déployer notre plein potentiel.

Dans les premiers mois de la vie, des expériences sensorielles spécifiques sont nécessaires pour relier les neurones en réseaux sensoriels. Par exemple, les oiseaux qui n’entendent pas les chants spécifiques à leur espèce ne développent pas les connections cérébrales nécessaires à produire ces sons. Des chatons privés d’images verticales dans leurs premiers mois de vie ne développent pas les cellules sensibles aux objets verticaux et se cogneront aux pieds de chaises et de tables qu’ils sont incapables de voir. Ces observations ont mené au concept de stades spécifiques du développement : des expériences spécifiques durant ces périodes précises créent des réseaux sensoriels et moteurs dans le cerveau. Si un organisme est privé de certaines expériences à tel moment de son développement, les réseaux sensoriels et moteurs correspondants ne se développent pas.

La recherche récente, toutefois, suggère que ces périodes critiques ne sont peut-être pas aussi critiques que ça. On observe plutôt que l’expérience change constamment les connections cérébrales au long de la vie. Par exemple, dans des expériences faites sur les animaux, un environnement plus riche, comme l’ajout d’une roue dans la cage d’un hamster, mène à davantage de connexions cérébrales et un cortex plus épais. Chez les violonistes, la représentation que le cerveau se fait de la main gauche, qui fait les accords, est plus différenciée et plus grande que la représentation de la main droite, qui tient l’archet. Chez les personnes qui ont souffert d’une attaque cérébrale, la récupération est directement fonction de la fréquence d’utilisation d’un bras amoindri par exemple.

Le rôle critique de l’expérience dans la formation des circuits cérébraux peut expliquer le développement dans les vingt premières années de la vie. L’interaction avec l’environnement favorise le développement des aptitudes sensorielles et motrices ainsi que la pensée pré-conceptuelle chez les jeunes enfants. L’apprentissage de la langue favorise le développement de la pensée conceptuelle : nous pouvons penser à propos d’objets. Les tâches de pensée critique à l’école, au travail, pendant les loisirs favorisent le développement de la pensée abstraite adulte : nous pouvons alors penser au fait de penser. A chaque stade de développement, un cadre de référence plus stable et plus unifié s’établit, fournissant un contexte toujours plus englobant à l’intérieur duquel l’information est digérée et trouve un sens.

Pourquoi est-ce que le développement s’arrête, se « fige », se « cristallise » vers la fin de l’adolescence ? Cette cristallisation du développement peut être le résultat de l’absence d’expériences permettant d’activer des niveaux plus abstraits de sentiments et de pensée. De la même façon que l’apprentissage de la langue était nécessaire pour développer la pensée conceptuelle, une technique qui transcende le langage pourrait être nécessaire pour promouvoir un développement au-delà de la pensée verbale vers des niveaux plus abstraits de pensée, de sentiments, de sens de soi. Ces niveaux plus profonds seraient caractérisés par (1) la pensée synthétique, (2) la capacité à manier différentes perspectives et les intégrer, (3) l’aptitude à saisir des systèmes complexes par des modèles d’interprétation globaux, (4) la tolérance des différences culturelles, valeurs, religions et visions du monde, (5) la motivation à aider les autres, (6) une acceptation sans condition des autres, et (7) la réalisation de la relation qui existe entre tous les individus.

Le chercheur Charles Alexander et ses collègues suggèrent que la Méditation Transcendantale pourrait être une technologie pour « décristalliser » le développement humain. Il s’agit d’une simple technique mentale qui n’implique pas d’effort, s’apprend facilement et se pratique 20 minutes deux fois par jour. Elle consiste à tourner l’attention vers l’intérieur, vers des niveaux plus subtils de conscience (au delà du niveau conceptuel ordinaire) jusqu’à ce que la conscience transcende l’expérience des pensées et des sentiments les plus subtils et arrive à la source de la pensée, la pure conscience, décrite comme silencieuse et illimitée, au-delà de l’espace, du temps et de la sensation du corps.

Cette expérience d’une conscience de soi élargie est souvent exprimée avec un « S » majuscule – représentant le « Soi » transcendantal – pour le différencier du sens de soi identifié avec les pensées et les actions. Lorsque nous sommes identifiés aux pensées et aux actions nous pouvons nous décrire comme suit :« Je suis ouvert à de nouvelles expériences » ou « je suis un homme de la Renaissance », ou «je suis de telle nationalité. » L’expérience de notre Soi universel est une expérience « auto-référente ». Nous pourrions décrire notre Soi transcendantal ainsi :« C’est mon Etre. Il y a un continuum de silence illimité sous-jacent à toute chose. C’est mon essence et elle ne s’arrête pas là où je m’arrête ».

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L’expérience de notre Soi transcendantal, comme toute autre expérience, change des connexions dans le cerveau. Avec le temps, les circuits dans le cerveau qui soutiennent l’expérience de la pure conscience commencent à coexister avec ceux qui soutiennent les processus de veille, rêve et sommeil. Lorsque ces nouveaux circuits sont développés, l’on a une nouvelle base sur laquelle vivre la vie, évaluer les situations, et prendre des décisions pour nous-mêmes, notre famille, notre nation et le monde. Cette base est notre nature intérieure, silencieuse, illimitée plutôt que nos pensées, expériences et concepts toujours changeants.

La recherche scientifique confirme l’hypothèse que la pratique de la technique de MT « décristallise » le développement humain. Par exemple, dans deux groupes de sujets hautement résistants au changement – des personnes âgées placées en institution et des détenus des prisons à haute sécurité – la pratique de la MT a permis des progrès significatifs en termes de flexibilité cognitive, de pression artérielle, de santé mentale et de développement de l’ego. Dans une étude longitudinale, un groupe ayant 15 ans de pratique de la MT a amélioré ses scores de développement de l’ego comparativement à quatre groupes contrôle. Les sujets MT avaient accédé aux niveaux cinq et six du test Loevinger de complétion de phrases. Moins de 1% de la population obtient de tels résultats.

Une « décristallisation » du développement est aussi reflétée par des changements dans les ondes cérébrales. Le fonctionnement du cerveau caractéristique de la pratique de la MT – une cohérence EEG frontale élevée – est de plus en plus observé en-dehors de la méditation grâce à la pratique régulière de la MT. A mesure que l’expérience de la pure conscience s’intègre à l’expérience de veille en dehors de la méditation, le fonctionnement EEG caractérisant la pratique de la MT s’intègre avec les schémas EEG qui soutiennent les processus de veille.

En faisant l’expérience de notre Soi transcendantal, notre nature la plus universelle, les circuits cérébraux qui permettent l’expérience d’une plus grande expansion et d’un plus grand silence, avec en même temps la capacité à se concentrer sur les détails de l’expérience, sont renforcés. Ceci est appelé « fonctionnement total du cerveau ». C’est un fonctionnement optimal, qui maintient le silence intérieur et l’équanimité comme toile de fond pour les vagues toujours changeantes de l’expérience.

L’expérience modifie donc notre cerveau tout au long de notre vie. En choisissant nos expériences aujourd’hui nous déterminons nos circuits cérébraux de demain. Ajouter l’expérience de la pure conscience à notre vie quotidienne anime un fonctionnement total du cerveau et renforce les circuits qui intègrent une conscience élargie avec la capacité à bien se concentrer. Un tel fonctionnement du cerveau se développe graduellement par la pratique de la MT et augmente le succès et le bonheur dans la vie.

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