Publié par : mtgeneve | 3 avril 2014

Un regard différent sur l’Ashtanga Yoga

wfs.2-100x100 William Sands, professeur de Science védique Maharishi, explique les huit « membres » du yoga décrits dans le Yoga Sutra de Patanjali, texte de référence en matière de philosophie du yoga.

Ceci est notre traduction française d’un article du Dr Sands paru le 22 mars 2014 dans le magazine en ligne Elephant Journal.

Comprendre l’Ashtanga Yoga en termes généraux peut être trompeur.

Il y a des différences significatives entre divers programmes et instructions, basées habituellement sur la formation du professeur, son arrière-plan et ses préférences. Néanmoins, la plupart des pratiques de l’Ashtanga Yoga tirent leurs principes fondamentaux du Yoga Sutra de Patanjali, un texte sanskrit généralement considéré comme la source de la philosophie du Yoga.

Maharishi Mahesh Yogi interprète le Yoga Sutra d’une manière unique, en contradiction apparente avec les préconceptions sous-jacentes aux pratiques modernes de l’Ashtanga Yoga.

L’Ashtanga Yoga aujourd’hui

Le Yoga Sutra décrit huit (ashta) membres (anga) du yoga (ashta + anga = ashtanga). La plupart des commentateurs pensent que ceux-ci incluent quatre pratiques de purification externe (yama, niyama, asana et pranayama), trois pratiques de « purification interne » (pratyahara, dharana et dhyan) et samadhi, généralement compris comme l’expérience du Soi intérieur.

Les pratiques consistent habituellement d’une série vigoureuse, même athlétique, d’asanas (postures de yoga) avec divers pranayamas (exercices yogiques de respiration) pour nettoyer le corps et apporter flexibilité, endurance et force. De plus, de nombreuses pratiques reconnaissent au moins des pratiques de purification du comportement aussi dérivées des huit membres du yoga. L’on peut, par exemple, être encouragé à toujours dire la vérité (satya, l’un des cinq yamas), à maintenir une attitude de non-violence (ahimsa, aussi l’un des cinq yamas) et à contrôler l’avidité en diminuant (ou même en éliminant) les possessions superflues (aparigraha). Ces pratiques sont censées mener au yoga, bien que la signification de cela soit sujette à différentes interprétations.

Maharishi, toutefois, affirme que le Yoga Sutra ne présente pas une pratique – ce n’est pas un mode d’emploi pour les étudiants en quête du yoga. Plutôt, de son point de vue, il s’agit d’une description de l’état de yoga. Pour comprendre l’interprétation de Maharishi nous devons tout d’abord considérer sa définition du yoga, principalement en ce qui concerne la distinction entre l’état de yoga et la voie du yoga.

 L’état de yoga

Le second sutra du Yoga Sutra définit ainsi le yoga : Yogash chitta-vritti-nirodhah. Normalement, le yoga dans ce contexte est compris comme une pratique — une partie de ce que l’on appelle la voie du yoga, ainsi le sutra est habituellement traduit à peu près ainsi : le yoga est la restriction des modifications de l’esprit, suggérant clairement une pratique pour atteindre un état plus calme, plus paisible en inhibant l’activité mentale. Maharishi, toutefois, est en désaccord, affirmant qu’une meilleure traduction est : le yoga est l’appaisement complet de l’activité de l’esprit.

C’est une distinction subtile, mais monumentale dans ses implications. Car Maharishi suggère que le yoga du Yoga Sutra est le but et non le chemin, ce n’est pas quelque chose que l’on fait (comme restreindre les activités de l’esprit), c’est un état de conscience intérieure dont on fait l’expérience.

Maharishi définit cet état intérieur de yoga, le but de la pratique du yoga, comme l’expérience d’un domaine transcendantal de pure intelligence que l’on trouve profondément à l’intérieur de soi ; c’est un « océan » infini de créativité, d’intelligence, de bonheur et de paix, notre Soi intérieur. Dans les Upanishads cette intelligence infiniment joyeuse est souvent appelée Atma, et lorsque nous en faisons l’expérience nous jouissions du yoga : l’union de notre intelligence individuelle avec le Soi cosmique intérieur.

Que signifie ceci pour l’Asthanga Yoga ? Selon Maharishi, l’Ashtanga Yoga tel qu’il est décrit par Patanjali n’est pas une pratique pour faire l’expérience du yoga, c’est une description détaillée et complète des huit caractéristiques fondamentales de l’état de yoga. Dans ce sens, il s’agit davantage d’une description philosophique que d’un guide pratique.

Ceci nous met face à de nombreuses questions, puisque les huit membres incluent une terminololgie que nous associons normalement avec la pratique du yoga. Mais dans son analyse, Maharishi ne rejette pas les procédures qui sont une partie intégrale de notre tradition du yoga. Ce qu’il dit est que des termes comme pranayama et asana, bien qu’ils se réfèrent à des pratiques de yoga dans une bonne partie de la littérature du yoga, sont utilisés dans le Yoga Sutra pour décrire des caractéristiques de l’état de yoga. Ceci n’est pas choquant, il est communément accepté que les mots sanskrits ont souvent plusieurs niveaux de signification : un regard rapide dans n’importe quel dictionnaire sanskrit révélera une multitude de significations pour presque chaque mot. Avec ceci en tête, examinons quelques-uns des membres pour avoir un goût de ce que Maharishi veut dire.

Prenons les cinq yamas, par exemple (yama est le premier des huit membres). Essayer d’observer satya (la vérité) est noble, comme essayer de pratiquer ahimsa (non violence). Et bien sûr chacun veut être moins avide (aparigraha) et ne jamais prendre la propriété d’autrui (asteya). Mais aux yeux de Maharishi ces actions ne vous mèneront pas à l’état de yoga. Pour cela il faut aller profondément à l’intérieur et faire l’expérience du Soi intérieur, la source de notre créativité, de notre intelligence, de notre vie. Sans cette expérience, il sera difficile de s’élever vers l’illumination, qu’il décrit comme un état permanent de yoga dans lequel le Soi intérieur infini, illimité, éternellement plein de joie profonde est vécu dans chaque phase de la vie extérieure. Pour cela, Maharishi recommande sa pratique de Méditation Transcendantale car elle permet à n’importe qui de mener la conscience profondément à l’intérieur, aisément et sans effort, pour faire l’expérience de l’état de félicité et de paix de l’état de yoga.

Maharishi soutient cette thèse en montrant que ashtanga (ashta + anga) signifie en sanskrit huit membres, pas huit étapes, et que ashtanga yoga ne peut par conséquent pas être une série d’étapes pour atteindre le yoga. Son raisonnement est que les membres sont par nature des extensions, et que de la même façon que les membres croissent automatiquement avec le développement du corps, les huit membres du yoga grandissent à mesure que le yoga se développe dans notre vie – à mesure que notre intelligence intérieure infinie, illimitée devient de plus en plus vivante en dehors de la méditation, nous devenons naturellement et spontanément plus porteurs de vérité (satya), moins violents (ahimsa), plus purs (shaucha), plus satisfaits (santosha), moins attachés aux objets des sens (aparigraha), plus stables et solides (asana), capables de spontanément maintenir l’expérience du yoga en dehors de la pratique de la méditation (dharana), etc.

Il ne s’agit que de quelques exemples, et ceux qui sont familiers avec le Yoga Sutra de Patanjali et la langue sanskrite auront peut-être plus de questions.

 

 

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Responses

  1. Super site.


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