Publié par : mtgeneve | 1 janvier 2012

Toutes les méthodes de méditation ont-elles le même effet ?

La recherche scientifique montre que la pratique de la MT produit un fonctionnement plus complet, plus intégré du cerveau. (source : TM Asheville)

La méditation s’est beaucoup répandue ces dernières années et pour qui veut en bénéficier, le choix est vaste : quel enseignement suivre ? Quelle méthode apprendre ? Les gens pensent souvent que toutes les formes de méditation apportent les mêmes résultats.

Pourtant la réalité est toute autre : différentes formes de méditation ont des effets différents, de la même façon que différents médicaments ou formes d’exercice physique agissent différemment. Dans une étude publiée en décembre 2010 dans la revue Consciousness and Cognition, un chercheur américain a classé les techniques de méditation en trois groupes principaux : l’attention contrôlée, l’observation ouverte et l’auto-transcendance spontanée.

Pendant longtemps, la croyance selon laquelle toute méthode de méditation ou de relaxation avait fondamentalement le même effet a mené les médecins ou psychologues, par exemple, à simplement recommander à leurs patients stressés de « faire de la méditation. » Alors même que certaines méthodes sont notoirement efficaces contre le stress et que d’autres ne sont peut-être qu’une sieste dans un bon fauteuil.

Cette attitude a été encouragée notamment par le mythe de la « réaction de relaxation » (the relaxation response) selon lequel toute pratique méditative induit naturellement le même état de repos physiologique, les mêmes bienfaits psychologiques et comportementaux. Il n’y a pourtant aucune évidence scientifique solide pour une telle affirmation ; au vu de la merveilleuse complexité du corps et de l’esprit, il est d’ailleurs naturel de supposer que différentes pratiques agissent différemment et débouchent sur des bienfaits différents. Par comparaison, un médecin ne peut simplement dire à un patient souffrant de maux de dos de « faire de la gymnastique, » il doit sélectionner et prescrire le genre d’exercices le plus efficace et le plus approprié dans le cas précis. Si vous souhaitez vous rendre à Rome, votre agent de voyage ne peut simplement vous dire de prendre le train, il doit identifier pour vous le plus direct et le plus confortable.

Depuis quelques années, des laboratoires de recherche sur la méditation ont été mis sur pied, notamment aux Etats-Unis, à l’Université de Californie à Berkeley et à Los Angeles, à Yale, à l’Université du Wisconsin à Madison, et bien sûr à l’Université Maharishi de Management en Iowa qui se spécialise dans la recherche sur le domaine de la conscience. Le professeur Fred Travis s’est penché sur l’effet de différentes méthodes de méditation, débouchant sur une typologie en trois catégories principales, selon les mesures électroencéphalogaphiques durant la pratique ainsi que le type d’activité mentale ou de processus cognitif impliqué :

  1. L’attention contrôlée (controlled focus) : on trouve des exemples de ce genre de techniques dans des traditions respectées comme le Zen, le Boudhisme tibétain, le Qiqong, le Yoga et le Vedanta — un grand nombre de méthodes visent en effet à contrôler ou diriger l’esprit. L’attention est centrée sur un objet de méditation, comme la respiration, sur une idée ou une image, ou encore sur une émotion. Les ondes cérébrales observées durant ce genre de pratique se situent typiquement dans la fréquence gamma (20-50 Hz) que l’on observe à chaque fois qu’on se concentre ou durant les processus cognitifs actifs.
  1. L’observation ouverte (open monitoring, mindfulness) : ces pratiques d’observation, communes dans le Zazen et le Vipassana, impliquent d’observer ou de faire activement attention aux expériences, sans juger, réagir ou se concentrer. Cela donne lieu à des ondes cérébrales frontales theta (4-8 Hz) que l’on observe habituellement durant les tâches de mémorisation ou de réflexion sur des concepts mentaux.
  1. Auto-transcendance spontanée (automatic self-transcending) : cette catégorie décrit les techniques prévues pour aller au-delà (c’est le sens du mot « transcender ») de leur propre activité mentale, permettant à l’esprit de transcender spontanément le processus de la méditation. Alors que la concentration et l’observation ouverte nécessitent un certain degré d’effort ou d’attention dirigée pour permettre l’activité de la méditation, cette troisième approche est libre d’effort car il n’y a aucune tentative  de diriger l’attention ou de contrôler le processus cognitif. La technique de Méditation transcendantale entre dans cette catégorie, marquée par la cohérence des ondes alpha frontales, associées avec un état bien particulier d’éveil au repos.

Les différentes ondes cérébrales.

Le professeur Travis note que certaines méthodes peuvent appartenir à plus d’une catégorie : dans une méditation guidée par exemple, l’instructeur peut vous demander tantôt de vous concentrer, tantôt d’observer.

Il est important de réaliser que ces pratiques différentes, aux effets différents sur le cerveau, débouchent naturellement sur des bienfaits différents dans la vie quotidienne. Notons à ce stade que nous n’avons de querelle avec aucun type de relaxation ou de développement personnel : chaque méthode a ses enthousiastes et ses bienfaits et il faut se réjouir de toute approche efficace visant une meilleure santé et une vie plus pleine. Il nous paraît par contre important de comprendre que différentes méthodes impliquent différents effets et que l’on ne peut pas « tout mettre dans le même sac. » Les personnes qui apprennent la MT après avoir essayé d’autres méthodes remarquant clairement cette différence, notamment le glissement spontané vers l’intérieur.

Jusqu’à présent, les bienfaits de la méditation étaient largement subjectifs, mais grâce à la recherche scientifique il est maintenant possible pour les professionnels de la santé ou pour quiconque de choisir ou recommander telle ou telle méthode selon les buts recherchés.

Par exemple, des études sur des moines boudhistes avancés montrent que se concentrer sur l’amour et la compassion renforcent ces sentiments dans la vie quotidienne et amélioraient la capacité de concentration.

Les techniques d’obervation libre de jugement permettraient de mieux gérer la douleur et de diminuer les ruminations négatives, apportant davantage d’équanimité dans la journée.

La technique de Méditation transcendantale semble mieux à même de soulager le stress, entre autres, car elle permet l’apaisement spontané de l’esprit menant, en fonction du lien étroit entre le corps et l’esprit, à un apaisement spontané de la physiologie. De nombreuses études montrent que le profond repos de la transcendance calme le système nerveux sympathique et crée l’équilibre dans la physiologie : diminution de l’hypertension, de l’anxiété chronique et des hormones du stress comme le cortisol.

Aujourd’hui plus de 600 études ont été publiées sur la Méditation transcendantale et nombre d’autres sur les méthodes d’ « observation ouverte. » Davantage de recherche est nécessaire pour mieux cerner les effets des techniques de concentration.

Références :

1. Orme-Johnson, Walton, 1998. American Journal of Health Promotion 2(5), 297-299.

2. Lutz, Greischar, Rawlings, Ricard, Davidson, 2004. Proc Natl Acad Sci U S A 101,16369-73.

3. Cahn, Delorme, & Polich, 2010. Cognitive Processing 2010 11(1):39-56.

4. Travis et al, 2010. Cognitive Processing 11(1), 21-30.

LS

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